Chérie, t’as pas vu ma scie sauteuse ??
Posted on | avril 17, 2009 | No Comments
Des mémos de l’agence récemment rendus publics décrivent de façon très didactique une dizaine de techniques dites « de base » (on frémit d’impatience en espérant la parution du second opus dans lequel seront décrites les techniques « avancées » voir peut être même l’apparition d’un niveau « expert »), déclinées en plusieurs catégories, et destinées à conditionner le sujet à l’interrogatoire.
Je ne résiste pas au plaisir survoler le menu avec vous et de vous narrer avec espièglerie la conduite de ce que l’on pourrait qualifier « d’interrogatoire académique ».
Dans un premier temps conserver le sujet nu, le priver de sommeil et l’enchainer. Si l’on veut ajouter une pointe d’humiliation (pour les plus fainéants qui veulent limiter la logistique), il est possible de lui mettre une couche culotte. Dans un second temps, pratiquer une « altération du régime alimentaire ». Cela signifie pratiquement de ne nourrir qu’à base d’aliments liquides. A ce stade le manuel ne le précise pas mais je pense qu’il faut prévoir un paquet de couches culottes …
On entre ensuite en interaction directe avec le sujet. Là, le document nous décrit tout un tas de pratiques joliment nommées « Frappe insultante », « frappe au ventre », « Waterboarding » … en nous conseillant de maintenir notre invité en « position de stress » et de pousser la plaisanterie jusqu’à les confiner en compagnie d’insectes hostiles. Bon alors par contre pas un mot sur les modèles d’insectes à utiliser. Pas un dessin, pas une marque de citée. Je pense que les auteurs n’ont pas voulu castrer notre imagination et souhaitent nous permettre ainsi de laisser libre court à notre folie créatrice : araignées, mantes religieuse, blattes, pucerons (mais alors il faut en mettre un paquet) … lâchez-vous on vous dit. De toute façon c’est plus facile que de trouver des insectes amicaux (à part la coccinelle je vois pas trop).
En révélant au grand jours ces documents et en condamnant les actes perpétrés qui n’étaient pas qualifiés, à l’époque, de torture, les Etats Unis souhaitent tourner le dos à une période noire. Malgré tout, les agents ayant eu recours à de telles méthodes ne seront pas poursuivis. Il ne faudrait pas se passer de personnel qualifié non plus. On ne sait jamais ce qui peut se passer par la suite et qui gagnera les prochaines élections.
Même après mea maxima culpa, il risque de ne pas être évident de faire oublier la période « œil pour œil, dent pour dent » …
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