Décrépitude positive …

Posted on | juin 25, 2009 | No Comments

Fotolia_12808410 Si on part du principe que l’espérance de vie en France pour un homme est aujourd’hui d’un peu moins de 80 ans (contre un peu moins de 85 ans pour une femme … mais que voulez vous, quand un astre brille plus intensément il brille forcément moins longtemps) et que les excès tels que manque de sommeil, déviances nocturnes, alcool et psychotropes divers  tendent à grignoter sérieusement la longévité, on peut considérer que 37 ans représentent grosso modo la mi parcours. Et là, j’y suis. C’est la mi temps et la seconde période s’annonce normalement plus technique que le première. Alors loin de moi l’idée de tirer des enseignements primordiaux et de déclamer, larmoyant et solennel ce qui constituera désormais les piliers de mon existence mais quand même un question se pose : qu’est ce que j’ai appris ces dernières années que je peux considérer comme sûr et qui prouve qu’entre 20 ans et 37, il s’est quand même passé des choses constructives (et hors psychotropes).

Les tables de la loi, ça donnerait ça :

En tribu tu vivras. Parce que quitte à se taper un style de vie qui en réduit l’espérance, autant le faire entouré, voire encerclé.

Dupe tu ne seras pas. Aucun acte n’est gratuit et totalement désintéressé. Même inconsciemment, tout n’est que rapport de force, tentative d’asseoir son pouvoir/influence, être aimé … Ce n’est pas grave. Ça ne pourrit pas forcément tout. Il faut juste arrêter de croire aux Bisounours et à Raël (en revanche le Père Noël on peut, quitte à faire le pari de Pascal avec lui … on ne sait jamais ,c’est lui qui a la clé du coffre à jouets … respect, on touche pas).

Se rendre compte que certaines choses sont humainement irréparables. C’est un peu à ça qu’on reconnaît la sortie de l’adolescence à mon sens. Avant, on a l’impression qu’on peut faire subir tout et n’importe quoi aux gens qui nous entourent et qu’il suffira de revenir avec un sac de fraises Tagada pour se faire pardonner et tout effacer. Et ben a priori non. J’ai testé, ça ne marche pas. Il y’a des choses qui pourrissent définitivement les rapports. Des trucs cassés que même les bonbons ne réparent pas. Je sais c’est moche et ça fait même presque douter de l’existence de Dieu, et de Claude François mais c’est comme ça. Je ne dis pas que le fait de le savoir change forcément notre comportement, mais au moins on chouine moins quand on se prend la porte dans la tronche.

Prendre du recul : et loin si possible. Cultivons le deuxième, le troisième degré et même au delà. De toutes façons, pas le choix, plus ça va aller et plus on va en avoir besoin pour survivre. Quand on fera sous nous et qu’on nous surprendra à jouer avec nos matières, fil audra bien en rire … Autant s’entrainer tout de suite.

Partir du principe qu’un être humain seul est presque toujours « attendrissant » et que des êtres humains en groupe sont presque toujours « pathétiques ». Comme disait Desproges « au delà de deux on est déjà une bande cons ». Constatation qui est, comme l’auront remarqués les plus perspicaces, en total contradiction avec la première règle. Mais quitte à choisir entre deux maux, au moins choisir le plus drôle …

Apprendre à vivre avec ses fantômes. Déjà, si on en a, bonne nouvelle, ça veut dire qu’il s’est passé des choses dans notre vie ces dernières années. Donc il faut avoir de l’affection pour eux. Et puis les fantômes, bien dressés, ça tient chaud l’hiver, ça peut donner des conseil pas trop pourris et parfois (souvent) ça a même de l’humour (de l’humour qui fait rire jaune mais de l’humour quand même …).

Être curieux : parce que sinon … mon dieu que c’est long et chiant …

Ne pas faire que des choses utiles : alors je sais que c’est un peu en contradiction avec le « ne pas être dupe ». Mais là je veux dire « qui paraissent servir à quelques chose ». Des trucs comme apprendre à jouer de la guitare à 37 ans en sachant pertinemment qu’il y’a peu de chances qu’on en fasse son métier (sauf si on aspire à faire chier les voisins de façon professionnelle).

Restez gamin : parce que ça m’arrange … grave.

Ne s’attacher qu’aux gens qui s’attachent à nous. C’est le meilleur moyen de ne pas écumer les bars pour pratiquer l’ablation de la boule dans le ventre. Vœux pieu. Je n’ai pas encore trouvé la recette, mais j’y travaille. En attendant je pratique l’ablation avec la méthode de la première règle.

Bon c’est pas tout ça mais je vais me relire le poème de Kipling … Il parait que j’ai sauté des lignes utiles pour la suite …

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