Facebook, de la bonne utilisation de « l’air de rien » …

Posted on | mars 12, 2009 | 2 Comments

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C’est un principe fondamental qu’on inculque très tôt aux adolescents… aux filles surtout. Une de ces grandes règles transmises par le vaisseau mère, lors de leur apprentissage au cœur de la ruche et qu’elles n’ont pas le droit de transgresser sous peine d’excommunication. Les mâles observateurs adoptent également très vite ce comportement dés lors qu’ils ont compris que les parades nuptiales classiques n’aboutissent que rarement. Il faut dire que la danse n’est un atout que pour très peu d’entre eux et que la prévenance et le protectionnisme excessif les téléportent illico dans la catégorie « super pote adorable trop cool et asexué total». Du coup, ils composent.

Cette doctrine,  connue sous le sacro-saint principe du « suis moi je te fuis, fuis moi je te suis … » ou plus simplement théorie de « l’air de rien » repose sur des fondamentaux simples et diablement efficaces. L’énumération en serait fastidieuse mais on peut en rappeler les quelques grands principes :

- Dans une pièce fermée, se tenir le plus loin possible de la cible, quitte à boire son café aux toilettes ou sur les genoux d’un inconnu moustachu

- Parler fort et rire en hurlant pour signifier que notre existence n’est que réjouissance et plaisir (et accessoirement pour se faire remarquer, notre café à la main, depuis les toilettes, par la jeune fille qui est assise sur les genoux du monsieur à moustache)

- Faire semblant de s’intéresser à l’ami(e) de la cible pour à la fois susciter jalousie et  opérer rapprochement physique (à trop rester aux toilettes ont pourrait laisser planer le doute sur une maladie étrange)

Bien évidemment tout ceci est sous tendu par une étude scientifique poussée, des justifications sociologiques pointues et une observation ethnologique de longue haleine.  Les nostalgiques des cours de récréation et des « tu peux dire à ta copine que je la trouve mignonne » qui croient que ce comportement s’arrête à la puberté se trompent. Qu’ils descendent dans le premier bar pour vérifier. Mieux encore, qu’ils viennent jeter un œil sur Facebook.

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Depuis quelques semaines le petit monde de l’internet est secoué par de violentes convulsions. Comment, dans cet espace de liberté absolue (on pouffe, certains sont encore diablement naïfs), une société oserait, au mépris de tout respect de la vie privée (on re-pouffe en mettant dans le même paragraphe « vie privée » et « Facebook ») s’approprier définitivement les données mises en ligne par ses utilisateurs ??!? Sortez les pétitions électroniques, créez des groupes de protestation (plein, dans tous les sens et sans aucune coordination si possible, c’est ça la liberté), déconnectez-vous, allez manifester devant le siège de l’entreprise (ah non pas ça … faudrait sortir de chez soi…) !!!

Pause. On reprend. Même si l’objectif poursuivit par le réseau social n’est en soi pas légal, il est surtout accessoire. Les utilisateurs de Facebook ne rangent pas sur la toile leurs biens les plus précieux comme on le faisait, gamin, dans une boite en fer qu’on enterrait au fond du jardin.  Ils ne font que mettre en place, sur la toile, le concept de « l’air de rien ». Sur le réseau, on envoie pas un message privé très personnel à un contact (il’y a des messagerie qui marche très bien pour ça), on écrit sur son mur. Pour que tout le monde puisse prendre connaissance de ce qui finalement ne s’adresse pas au destinataire mais à son entourage. On ne raconte pas sa vie, on  met en scène.  On parle fort et on rit en hurlant… On passe des messages indirects. C’est comme ça que lorsque vous venez de vous séparer douloureusement de votre moitié et que vous êtes au 36eme dessous, vous découvrez que, comme par enchantement, sa vie à elle n’est subitement que joies, promenades en tapis volant et voyages féériques. Alors que vous savez bien, vous qu’elle a le vertige et une peur panique de l’avion … faut pas vous la faire … mais quand même …

Comments

2 Responses to “Facebook, de la bonne utilisation de « l’air de rien » …”

  1. Julien
    mars 12th, 2009 @ 17:56

    Hum… Tu dis ça parce que mon statut actuel c’est : « soleil, crêpes berbères, thé à la menthe, farniente, ah tiens je vais être en retard pour la session hammam massage :-p  »
    Tu exagères on resté à peine 2 ans ensemble :-) )))

  2. Stef
    mars 12th, 2009 @ 18:17

    Et ce genre d’attaque mesquine est une des raisons pour lesquelles je t’ai quitté … ;-)

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