La théorie du pêcheur

Posted on | mars 19, 2009 | 1 Comment

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Dans la lignée de la dernière note concernant Facebook, et pour rétablir l’équilibre puisque j’ai pris quelques réflexions de la part d’amies qui niaient ô grands dieux que ce comportement était surtout féminin (juste avant de se précipiter mettre à jour leur statut pour la quatrième fois de la matinée), voilà une autre théorie tout aussi fumeuse.

Tous ceux qui ont eu l’immense bonheur d’avoir un grand père adepte du grand air, de la sacro sainte transmission générationnelle des connaissances fondamentales et de « tout ce qu’un homme (au sens mâle du terme) se doit de connaître » se sont vus entrainer dans moult activités bucoliques destinées à leur enseigner comment survivre en milieu vachement hostile (entendez par là à plus de douze kilomètres du premier supermarché ou du premier hôtel même deux étoiles). A l’âge où nous ne rêvions que d’aller chahuter avec nos cousines dans les granges pleines de foin pendant ces vacances estivales où nous étions pour la première fois confrontés aux hormones qui allaient nous torturer jusqu’à la fin de nos jours, pépé, lui, insensible à cet éveil, nous trainait faire du feu, poser des collets pour génocider du lapin et nous apprenait à taquiner le goujon. Ca a été mon cas même s’il n’en reste sans doute plus grand chose (cf la note sur notre escapade en Tanzanie).

Après des heures passées à chercher le spot idéal, celui où  le poisson a croisé suffisamment peu de pécheurs pour ne pas s’étonner de voir un verre de terre remonter le lit de la rivière en brasse coulée sans les bras et sans les jambes (même pas mal), avoir retiré une bonne douzaine de fois l’hameçon de notre pouce (le futur nageur se débattant pour éviter la baignade dans une eau qu’il devait juger trop froide) on apprenait alors un des fondamentaux de l’activité : lorsque l’on met la main sur la proie convoitée depuis si longtemps, on ne la ramène pas à nous bêtement, d’une traite méprisante. On ne la sort pas de l’eau d’un coup sec. On la travaille. On la ramène pour lui montrer notre intérêt, on la laisse filer un peu, on re-mouline …

De cette méthode a priori anodine surgit alors une chose capitale, une espèce de prise de conscience. On se fout du poisson. En revanche le sentiment de puissance et de domination qui en nait nous fait presque oublier les cousines qui font des roulades dans l’herbe. L’objet du désire est ailleurs. Ce n’est plus une histoire entre le pécheur et le poisson. C’est une histoire entre le prédateur et son égo. A tel point que, grisé par ce nouveau pouvoir, on rechigne même à aller au bout. Souvent on rejette l’écailleux.

Peche
Vous allez me dire, pourquoi est ce qu’il nous bourre le mou depuis vingt lignes avec une activité dont ni lui ni nous n’avons plus rien à faire. Et ben parce qu’il vient de découvrir que ce que les grands pères tentent de transmettre en nous tirant dans les sous bois boueux n’a rien à voir avec la survie en milieu naturel. Ils nous inculquent, de façon diablement sournoise mais très efficace, la théorie du pécheur. Celle pour laquelle, plus tard, les petits garçons remplacent les poissons par les petites filles trop naïves grâce auxquelles ils peuvent continuer à se renforcer l’ego par d’habiles aller et retour. Celle qui fait que même s’ils n’aiment pas un jouet, ils préfèreraient le casser plutôt que de laisser quelqu’un d’autre jouer avec. Celle qui transforme leurs petites amies de cours de récréation en animaux de compagnie. Merci papi.

Comments

One Response to “La théorie du pêcheur”

  1. agnes duroisin
    mars 23rd, 2009 @ 18:38

    bravo pour la theorie moi ma grand mére m’a enseigné la theorie de la mouche : on ,attrape pas les mouches avec du vinaigre et encore bravo pour votre litterature geniale!!!!!

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