Retour à la nature
Posted on | novembre 19, 2008 | 4 Comments

Six petits jours en Afrique de l’est avec la Tanzanie et Zanzibar au programme. Ce fut le menu de la semaine dernière pour un repérage avec Julien et Aurélie. Ca change du bureau, ça change de Toulouse, ça change tout court. Je reviendrai dans une prochaine note sur le côté époustouflant de ce voyage mais je vais commencer ici par la partie dépaysement au sens le plus européen du terme.
Première constatation, je ne suis plus/pas cet homme proche de la nature et capable de survivre seul dans la pampa, seulement armé d’un briquet, d’un trombone et de ses canines. Seconde constatation, je ne suis pas le seul. Julien ayant passé son séjour à vérifier si on captait où non un réseau téléphonique dans les endroits les plus reculés de la steppe et à demander à tous les autochtones croisés et incrédules, dans un anglais approximatif mais de circonstance, « do you have wifi here ? », on peut supposer que sa possible adaptation en milieu naturel poserait plus de soucis que la mienne. Il est regrettable que je ne l’ai pas enregistré, je me serais fait un plaisir de joindre ici le fichier audio, l’accent ayant été pour beaucoup dans le fait qu’à cette question, le zanzibari et le tanzanien moyen lui aient tendu dans le désordre des stylos, un mouchoir, un poulpe mort … je crois même me souvenir que des enfants lui ont jeté des pierres et qu’une femme aie menacé de l’émasculer. Ceci dit je n’ai pas la preuve que « Wifi » ne soit pas une insulte en dialecte local.
La nuit en campement, au milieu des paysages magnifiques du Serengeti, fut un des moments forts du périple. Tels des citadins enthousiasmes, enhardis par plus de 24 heures de présence sur cette terre de début du monde, sentant renaitre en nous les instincts des premiers hommes et ne faisant plus qu’un avec mère nature (1 et demi en ce qui concerne Julien qui à ce moment de l’histoire n’avait plus qu’une petite brique de signal à son IPhone et sentait le spectre de la dépression latente glacer son sang), nous nous élançâmes à l’assaut d’un mont rocheux dominant le camp pour y contempler le coucher de soleil. Et là, sous le regard bienveillant d’un guerrier Masaï souriant qui nous accompagnait (a priori même parcourir 100 mètres dans ce décor sans sagaie et sans jupette peut s’avérer fatal) nous avons pu profiter d’un embrasement rare. Comme dans le meilleurs films de monsieur Disney, les bruits sourds des tambours montaient au loin, la savane bruissait de mille sons pas trop trop identifiés, les singes chantaient doucement du jazz, les girafes faisaient des claquettes et … le téléphone sonnait (Julien venait de récupérer 2 barrettes de signal et recevait enfin en rafale les nombreux messages de la journée).
La nuit fut paisible et sans doute inoubliable. Pendant que nous sombrions dans les bras de Morphée, bercés par le vent s’engouffrant dans la toile de tente et les ricanements de la vingtaine de hyènes qui tournait autour de nos frêles habitations, nous repensions aux nombreuses émotions de la journée. Aurélie, debout sur son lit, la bombe insecticide dans une main et la pince à épiler dans l’autre (je n’aurais pas aimé être à la place du premier prédateur se risquant à entrer), nous a d’ailleurs précisé que le bruit se rapprochait plus du gloussement que du ricanement.
Un équipementier « outdoor » a récemment lancé, à mon sens, une très bonne campagne de communication avec comme Baseline « Pour la réintroduction de l’homme dans la nature ». Pour ma part je souhaite être réimplanté avec parcimonie et une machine à café Nespresso s’il vous plait …
Comments
4 Responses to “Retour à la nature”
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novembre 19th, 2008 @ 20:32
P’tain, c’est l’enfer ce pays ! Et j’imagine que la petite brique de connexion n’était même pas de la 3G ?
Content de ne pas être venu
novembre 19th, 2008 @ 20:43
Super, ça me plairait bien comme aventure, par contre il y a un « mall »
Pour les animaux pas de soucis avec 3 enfants je suis tranquille.
J’enverrai bien Pierre-Olivier en cure de désintoxication, mais malheureusement à ce que je peux lire il y a trop de réseau, ça va pas être possible:-)
novembre 20th, 2008 @ 10:10
Stef tu sais qu’en lançant ce genre de diatribe sur mon aptitude à l’adaptation à tous milieux et notamment sauvage (j’avoue avoir cherché longtemps le Wifi au bivouac…) tu t’exposes à l’envoi massif de Photos sur ta personne….
février 15th, 2009 @ 10:16
tu es allé en tanzanie toi ? pour info j’y étais il y a 1 an et demi pour mon voyage de noce … le jour ou tu daigneras venir sur Lyon je te montrerais les photos
bises
sev